Métiers spécialisés au Canada : les besoins de main-d’œuvre restent élevés
Soudeurs, mécaniciens industriels, plombiers, charpentiers et autres travailleurs qualifiés restent recherchés dans plusieurs secteurs au Canada. Malgré un ralentissement général des tensions sur le marché du travail, le vieillissement de la main-d’œuvre et les besoins liés aux infrastructures maintiennent une demande importante dans certains métiers spécialisés. Pour les travailleurs étrangers qualifiés, plusieurs voies d’immigration économique peuvent être pertinentes.

Le marché du travail canadien a changé depuis les années de forte pénurie de main-d’œuvre qui ont suivi la pandémie. Les postes vacants ont diminué dans plusieurs secteurs et le nombre de chômeurs a augmenté.
Mais cette évolution ne signifie pas que les besoins ont disparu partout.
Dans les métiers spécialisés, certains employeurs continuent de rencontrer des difficultés à recruter des travailleurs qualifiés. Soudeurs, mécaniciens industriels, plombiers, charpentiers, électriciens et autres travailleurs des métiers techniques restent particulièrement importants pour la construction, la fabrication, les infrastructures et plusieurs secteurs industriels.
Pour les travailleurs étrangers qui possèdent déjà une formation et de l'expérience dans ces domaines, cette situation peut aussi avoir des conséquences sur les possibilités d'immigration économique.
Une demande qui reste importante dans plusieurs métiers
Les besoins ne sont pas identiques partout au Canada et toutes les professions ne connaissent pas une pénurie.
Cependant, plusieurs analyses montrent que le renouvellement de la main-d'œuvre constitue un défi important pour les métiers spécialisés.
Une analyse de RBC publiée sur les métiers spécialisés estimait notamment qu'au moins 10 000 travailleurs pourraient manquer dans les métiers reconnus par le programme du Sceau rouge, avec un déficit potentiellement beaucoup plus important lorsque les métiers réglementés à l'échelle provinciale sont également pris en compte. Les mécaniciens industriels, les soudeurs et les chaudronniers figuraient parmi les métiers pour lesquels les difficultés étaient particulièrement importantes.
Le gouvernement fédéral estime également qu'environ 700 000 travailleurs des métiers spécialisés devaient prendre leur retraite entre 2019 et 2028, ce qui contribue au défi du renouvellement de la main-d'œuvre.
Ces chiffres sont issus de projections et d'analyses réalisées avant 2026. Ils permettent de comprendre la tendance démographique, mais ne signifient pas que 700 000 postes seront nécessairement vacants simultanément.
Le Canada investit aussi dans le renouvellement des métiers
Le besoin de travailleurs qualifiés ne concerne pas uniquement l'immigration.
En avril 2026, le gouvernement fédéral a annoncé Team Canada Strong, une initiative de 6 milliards de dollars visant notamment à recruter, former et embaucher jusqu'à 100 000 nouveaux travailleurs dans les métiers du Sceau rouge au cours des cinq prochaines années.
Le programme prévoit notamment des mesures pour soutenir les apprentis, accélérer la formation et faciliter l'accès aux emplois dans les métiers spécialisés.
En septembre 2026, le gouvernement a également indiqué que certaines mesures de cette initiative entraient progressivement en application, notamment une prime de 5 000 $ pour certains apprentis qui obtiennent leur certification dans un métier admissible du Sceau rouge.
Cela montre que le Canada cherche à répondre aux besoins de main-d'œuvre par plusieurs moyens : formation des travailleurs déjà présents au pays, apprentissage, recrutement et immigration.
Le Québec : les difficultés de recrutement demeurent
Le Québec connaît lui aussi un marché du travail moins tendu qu'au sommet de 2022.
Selon l'Institut du Québec, la province comptait un peu plus de 113 600 postes vacants au premier trimestre de 2026, avec un taux de postes vacants de 2,8 %, contre plus de 6 % au plus fort de la surchauffe du marché du travail.
Mais les difficultés de recrutement n'ont pas complètement disparu.
Près de 42 % des entreprises québécoises interrogées s'attendaient encore à rencontrer des obstacles liés à la main-d'œuvre, notamment des pénuries, des difficultés à recruter des employés qualifiés ou à les retenir.
La proportion était de 34 % pour l'ensemble du Canada et de 31 % en Ontario.
Il faut donc distinguer deux phénomènes : le nombre global de postes vacants a diminué, mais certaines professions et certains secteurs continuent de présenter des besoins importants.
Ce que cela signifie pour les travailleurs étrangers qualifiés
Pour un travailleur étranger possédant une expérience dans un métier spécialisé, les besoins du marché canadien peuvent être pertinents lorsqu'il examine les différentes voies d'immigration économique.
Entrée express gère actuellement trois programmes fédéraux :
la Catégorie de l'expérience canadienne;
le Programme des travailleurs qualifiés fédéral;
le Programme des travailleurs de métiers spécialisés.
Le Programme des travailleurs de métiers spécialisés fédéral s'adresse précisément aux travailleurs qualifiés dans certains métiers.
Les secteurs concernés comprennent notamment la construction, le transport, la fabrication et les activités industrielles, ainsi que certaines professions liées aux ressources naturelles et à l'agriculture.
Le Programme des travailleurs de métiers spécialisés : les conditions à connaître
Avoir un métier recherché ne suffit pas automatiquement pour être admissible.
Pour le Programme des travailleurs de métiers spécialisés, l'expérience professionnelle doit notamment correspondre à un métier admissible et représenter au moins deux années d'expérience à temps plein, ou l'équivalent, acquises au cours des cinq années précédant la demande.
Le candidat doit également avoir :
soit une offre d'emploi valide à temps plein d'une durée totale d'au moins un an;
soit un certificat de compétence délivré par une autorité canadienne compétente.
Une exigence linguistique s'applique également.
Pour ce programme, les seuils minimaux sont actuellement de :
NCLC 5 en français pour la compréhension et l'expression orales;
NCLC 4 en français pour la lecture et l'écriture;
ou les niveaux équivalents en anglais.
Il n'y a pas d'exigence minimale d'études pour le Programme des travailleurs de métiers spécialisés, même si une formation ou des études peuvent contribuer au classement dans le bassin d'Entrée express.
Les rondes axées sur les catégories peuvent aussi concerner les métiers spécialisés
Depuis la mise en place de la sélection axée sur les catégories, IRCC peut organiser des rondes visant des candidats possédant une expérience dans certaines professions prioritaires.
En 2026, la catégorie des métiers spécialisés est maintenue.
Pour être admissible à une ronde axée sur cette catégorie, un candidat doit notamment avoir accumulé au moins 12 mois d'expérience à temps plein, ou l'équivalent à temps partiel, au cours des trois dernières années, dans une profession figurant sur la liste des métiers admissibles. L'expérience peut avoir été acquise au Canada ou à l'étranger.
La liste comprend notamment :
soudeurs;
électriciens;
plombiers;
charpentiers;
mécaniciens industriels;
mécaniciens de machinerie lourde;
mécaniciens en chauffage, réfrigération et climatisation;
briqueteurs;
couvreurs;
peintres et décorateurs;
certains métiers liés à la fabrication et à la construction.
Important : être admissible à une catégorie ne signifie pas recevoir automatiquement une invitation. Les candidats doivent également respecter les exigences de la ronde concernée et les autres conditions d'Entrée express.
Le français peut également jouer un rôle
Le Canada maintient en 2026 une catégorie d'Entrée express consacrée aux compétences linguistiques en français.
Pour cette catégorie, IRCC exige actuellement un résultat d'au moins NCLC 7 dans les quatre compétences linguistiques et le candidat doit également respecter les exigences de la ronde.
Un travailleur francophone dans un métier spécialisé peut donc examiner plus d'une possibilité, selon son profil :
le Programme des travailleurs de métiers spécialisés;
une ronde axée sur les métiers spécialisés;
une ronde axée sur les compétences linguistiques en français;
un programme des candidats des provinces;
ou un autre programme économique auquel il serait admissible.
Il ne faut toutefois pas confondre ces catégories : le fait de parler français ou d'exercer un métier spécialisé ne garantit pas à lui seul l'admissibilité à Entrée express.
La reconnaissance des qualifications : une étape essentielle
Un autre élément est souvent oublié par les candidats étrangers : l'immigration et le droit d'exercer une profession sont deux questions différentes.
Certains métiers sont réglementés au Canada. Dans ce cas, le travailleur peut devoir faire évaluer sa formation et son expérience et obtenir une certification ou une autorisation de l'organisme compétent de la province ou du territoire.
Le processus varie selon le métier et l'endroit où le travailleur souhaite s'établir.
Pour le Programme des travailleurs de métiers spécialisés, le certificat de compétence canadien peut notamment être délivré par une autorité provinciale, territoriale ou fédérale après une évaluation de la formation, de l'expérience et des compétences du candidat.
Être admissible à l'immigration ne signifie donc pas automatiquement être autorisé à exercer immédiatement le métier.
Ce qu'un travailleur étranger qualifié devrait vérifier
Avant de commencer une démarche d'immigration, il est utile de procéder dans cet ordre :
1. Identifier son code CNP
Le candidat doit d'abord déterminer le code CNP qui correspond réellement à son emploi et à ses tâches.
Le titre du poste ne suffit pas. Les tâches réellement effectuées doivent correspondre aux exigences du code choisi.
2. Vérifier son expérience
Il faut déterminer combien d'expérience professionnelle admissible a été acquise, dans quel pays et pendant quelle période.
Pour le Programme des travailleurs de métiers spécialisés, IRCC exige notamment deux années d'expérience admissible dans les cinq années précédant la demande.
3. Passer un test linguistique reconnu
Les tests acceptés pour Entrée express comprennent notamment :
TEF Canada;
TCF Canada;
IELTS General Training;
CELPIP-General;
PTE Core.
Pour un candidat francophone, le français peut donc constituer un élément important du dossier.
4. Vérifier la certification professionnelle
Si le métier est réglementé dans la province choisie, il faut vérifier auprès de l'autorité compétente les conditions pour faire reconnaître ses qualifications.
5. Comparer les voies d'immigration
Le candidat ne devrait pas se limiter au nom d'un seul programme.
Selon son expérience, sa langue, son âge, ses études, son offre d'emploi et la province où il souhaite vivre, plusieurs programmes peuvent être pertinents.
6. Vérifier les règles en vigueur au moment de déposer le dossier
Les catégories d'Entrée express et les critères des programmes peuvent évoluer.
IRCC précise d'ailleurs que les catégories et les instructions associées aux rondes peuvent être modifiées en fonction des priorités d'immigration.
À retenir
Le marché canadien du travail n'est pas en pénurie généralisée dans tous les métiers. Les tensions se sont atténuées depuis les niveaux exceptionnels observés en 2022.
Mais certains métiers spécialisés continuent de présenter des besoins importants, notamment dans la construction, la fabrication, les infrastructures et plusieurs secteurs techniques.
Pour les travailleurs étrangers qualifiés, cela peut rendre certaines voies d'immigration économique particulièrement pertinentes. Toutefois, un métier en demande ne garantit ni un emploi ni une résidence permanente.
Le candidat doit d'abord vérifier son code CNP, son expérience, son niveau de langue, ses qualifications professionnelles et les critères du programme d'immigration auquel il souhaite présenter une demande.
Pour les francophones, l'existence en 2026 de catégories d'Entrée express liées aux métiers spécialisés et aux compétences linguistiques en français constitue également un élément à examiner selon le profil de chaque candidat.
Détails de l'opportunité
Sources
- IRCC — Entrée express : sélection axée sur les catégoriesConsulter la source
- IRCC — Programme des travailleurs de métiers spécialisés fédéralConsulter la source
- IRCC — Entrée express : qui peut présenter une demande?Consulter la source
- IRCC — Catégories d'Entrée express 2026Consulter la source
- IRCC — Tests linguistiques acceptés pour Entrée expressConsulter la source
- Institut du Québec — Postes vacants, premier trimestre 2026Consulter la source
- RBC — Powering Up: Preparing Canada's Skilled TradesConsulter la source
- Gouvernement du Canada — Team Canada StrongConsulter la source
Les informations peuvent évoluer. Vérifiez toujours les informations les plus récentes auprès de la source officielle.